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Audrey Clinet de l’association Eroïn : « Mener son projet de film de A à Z c’est vraiment être une Wonder Woman »

rédigé par La rédac 13 mai 2016 0 commentaire
Photo Eroïn
Crédits photo : © Eroïn

Businesswoman qui s’assume, Audrey Clinet fête cette année les quatre ans de son association Eroïn, qui vise à mettre en lumière le travail des femmes à travers le cinéma. Défenseuse du court-métrage, la super-héroïne en talons hauts a de l’énergie à revendre et des idées plein la tête. Du court au long, en passant par la production et la distribution, elle est sur tous les fronts. À l’occasion de sa carte blanche présentée au 69ème Festival de Cannes, confessions d’une accro au cinéma.

Got Dame Rights : En janvier 2014 tu as officiellement créé l’association Eroïn, qui donne un coup de projecteur sur le travail des femmes. Comment est né ce projet ?

Photo Audrey Clinet

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Audrey Clinet : On va repartir du coup en 2012, parce que c’est à cette époque qu’est né le projet. À ce moment-là, j’étais encore actrice et j’avais écrit un court-métrage, Parallèle, qui dure 3 minutes sans paroles, que je considère aujourd’hui comme un essai car c’était ma toute première écriture. J’avais une idée en tête et je l’ai confié à un réalisateur avec qui j’avais l’habitude de jouer en tant qu’actrice. D’ailleurs j’ai eu une petite frustration finalement de ne pas l’avoir réalisé, de ne pas être allée au bout de ce projet-là. J’avais envie que Parallèle soit vu par le public et je me suis alors rendue à une réunion pour la deuxième édition du Jour le plus Court parce que j’étais déjà allée à la première édition en tant que spectatrice et j’avais beaucoup aimé le principe de voir du court-métrage toute la journée. Je trouvais ça aussi très bien que les cinémas prennent part au projet car c’est très rare de voir des courts-métrages dans une salle de cinéma aujourd’hui, à part en festivals, avant ils étaient diffusés en amont mais la publicité a pris sa place.

Fin octobre, me voilà à une réunion d’information en présence de la directrice artistique Sonia Jossifort et du Collectif Prod. Et pendant cette réunion on m’explique que le principe de soumettre un film pour une projection consiste à passer par l’agence du court-métrage, qui est en fait un distributeur de courts-métrages public. Il est donc trop tard pour moi de soumettre le film à ce moment-là puisque le Jour le plus Court est organisé le 21 décembre et que l’on est fin octobre. Mais on m’encourage, notamment Sonia Jossifort et Sylvain Girault, l’un des présidents du Collectif Prod, qui me disent : « Mais fais-le, fais ta projection parce que le principe du Jour le plus Court c’est vraiment d’avoir plein de projections partout et que tout le monde ait envie d’être programmateur le temps d’une journée ».

 

 

 

WL  : A ce moment-là est-ce que tu savais déjà que tu allais parler des femmes ?

Oui dès la fin de cette réunion l’idée de parler des femmes réalisatrices a commencé à germer, parce que je n’avais pas envie de faire une soirée spéciale comédie, spécial genre ou spécial polar. Je voulais montrer plein de choses et en même temps j’avais envie que ce soit une projection unique.

Le sujet que j’avais tout de suite envie de défendre c’était les femmes.

Je voulais montrer qu’une réalisatrice c’était une femme qui avait quand même un sacré mental et une sacré énergie parce que faire un film c’est réunir toute une équipe, convaincre tous ces gens de travailler sur ton projet et les diriger donc il faut avoir des couilles (rires) ! En plus je me disais que j’allais à beaucoup de projections à Paris mais que je ne trouvais pas beaucoup de femmes sur scène. On présente beaucoup de réalisateurs qui viennent proposer leurs films mais je me disais : « Mince, mais où sont les réalisatrices ? ».

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© Eroïn – Audrey Clinet, présidente de l’association Eroïn, au centre en blanc

Donc voilà finalement en l’espace d’une soirée, tout mon concept est arrivé : j’avais envie de montrer plein de choses différentes, de travailler aussi bien sur du gros court-métrage à budget que sur un petit court-métrage sorti d’école ou sans moyen complètement indépendant, tant que c’était réalisé par une femme et qu’il y avait de la qualité et du talent. Et puis j’avais envie de parler de plein de choses : de mettre en avant des films de genre, des drames, des films d’amour aussi mais pas que. Je trouve un peu dommage, parce que j’ai déjà eu écho de certains festivals comme le Festival des films de Femmes de Créteil, que parfois dans ce genre de manifestation on montre uniquement des sujets, soit hyper engagés pour la cause féminine soit on tombe dans le cliché très girly. D’ailleurs ça se ressent au niveau du public parce que majoritairement ce sont des femmes qui vont voir les films de femmes et du coup ce n’était pas du tout mon désir. Je n’avais pas envie que mon public soit communautaire, au contraire, je voulais qu’il soit hyper large, d’où l’idée aussi d’avoir une programmation étendue pour que ça plaise à tout le monde.

WL : Comment s’est finalement passée ta première projection de films de femmes ?

Photo Audrey Clinet

© Eroïn

J’ai tout de suite eu la salle, enfin assez rapidement du coup car c’est l’une des réalisatrices à qui j’ai proposé le projet qui s’appelle Julie Lipinski, qui m’a donné à l’époque les coordonnées du patron de l’Elysées Biarritz, Hugues Piketty. C’est un homme qui aime beaucoup les courts-métrages et qui dans son lieu aimait mettre en avant une fois par mois une séance de courts-métrages, ce qui est génial car c’est une super salle de projection sur les Champs-Elysées. On ne peut pas rêver mieux pour débuter. Du coup je suis très attachée à cette salle et aujourd’hui ça fait quatre ans qu’ils me suivent.

 

 

 

WL : Pourquoi avoir choisi le statut d’association en janvier 2014 ?

Parce que pour moi c’était plus facile que de monter la société tout de suite. La société je l’ai montée en février dernier, et avec elle je m’axe davantage sur la distribution et la production des films. L’association c’était vraiment le début, histoire de cadrer quand même parce que j’ai fait mes deux premières projections sans cadre. Finalement je l’ai créée la deuxième année parce que j’ai eu tellement de bons retours la première année – qui était un test – que l’on m’a demandé d’en refaire une, ce que j’ai fait, mais sans encore prendre conscience de l’ampleur du concept. Et là, quand j’ai eu ma salle blindée, je me suis dit que je tenais quelque chose. En janvier 2014, j’ai commencé vraiment à me consacrer uniquement à Eroïn.

WL : Parle-nous ensuite du passage de l’association à la société.

J’ai créé la société pour suivre l’idée d’Eroïn : neuf courts-métrages à l’année. Sur les neufs au départ je programmais deux courts-métrages étrangers et sept français. Cette année, exceptionnellement, j’ai fait un 100% frenchy parce que j’essaie de développer le concept et de proposer le programme à des instituts francais à l’étranger et puis je suis en train de développer le concept aux Etats-Unis, en Guyane et au Qatar. Depuis 2014 je déploie vraiment tout au long de l’année le programme, c’est-à-dire qu’il y a le gala où l’on présente les neuf nouveaux films et les neuf nouvelles réalisatrices, et je m’évertue aussi à mettre en place ce programme dans différents endroits : des festivals, des salles de cinéma quand c’est possible et des lieux atypiques pour viser un autre public. On a fait fort parce qu’on a eu une projection pour le 8 mars 2016 à Los Angeles, au Théâtre Raymond Kabbaz, pour la communauté française.

Il y a ensuite le Festival de Cannes, c’est ma deuxième édition cette année, c’est génial parce que ça me permet vraiment d’avoir une plus grande visibilité.

La société je l’ai essentiellement ouverte en février dernier pour pouvoir continuer le travail que je fait avec mes réalisatrices. Depuis 2012 je les suis sur la diffusion de leurs courts-métrages, pour certaines je distribue même leurs films sur les chaînes télévisées, donc disons que je suis distributrice du catalogue à 80%. En plus de ça j’ai ouvert la production aussi, ce qui me permet de les suivre sur leurs projets : des courts-métrages, des documentaires et même des publicités. Mais dans l’idée j’aimerais passer à la production et à la distribution de longs-métrages. Cette année c’est la première fois que j’ouvre un « Spécial coup de coeur » parce que j’ai aussi beaucoup de demandes de réalisatrices de documentaires et de web-séries, donc c’est vrai que la sélection annuelle de courts-métrages doit rester comme elle est parce que c’est ce qui marche bien et c’est facile à mettre en place lors d’un gala. Mais après il faut que je réfléchisse à comment je peux me positionner sur la web-série, sur le documentaire et sur le long-métrage parce que j’aimerais bien suivre mes réalisatrices de courts sur le long avec le label Eroïn au générique.

WL : Pourquoi avoir choisi le nom d’Eroïn qui fait écho à une addiction ?

Eroïn à la base ça vient de super-woman, parce que pour moi comme je le disais tout à l’heure être une réalisatrice sur un plateau, gérer toute une équipe, ce n’est pas franchement évident. Mener son projet de film de A à Z c’est vraiment être une Wonder Woman, en plus de ça certaines de mes réalisatrices sont mamans et doivent gérer les à-côtés. Donc il y a le côté super-woman/super-héroïne et puis après il y avait aussi Eros, l’amour, d’où l’orthographe assez particulière d’Eroïn. Je voulais en plus qu’Eroïn puisse se lire dans toutes les langues ce pourquoi j’ai enlever le « h » et le « e », afin que toutes les personnes dans le monde puissent le lire ou le dire. J’ai gardé en revanche les trémas car c’est la note « frenchy » que je voulais conserver. Après le rapport à la drogue c’est vraiment parallèle mais oui parce que c’est la passion, c’est une addiction. Tellement de fois on se dit : « j’arrête parce que ce n’est pas possible c’est tellement de temps et d’énergie dépensés » mais la passion reprend tout le temps le dessus.

WL : Et pourquoi cette statuette grecque comme logo  ?

L’idée de la statuette m’est venue aussi tout de suite, comme le nom de l’association. C’est une statuette que j’ai choisie car je l’avais vue dans un parc à Paris, près du Louvre, en 2012. L’artiste avait transformé le côté femme avec l’homme. J’ai donné une photo de cette statuette à ma graphiste, qui a refaçonné le truc et effectivement l’oeuvre représente le corps d’une femme, mais la tête d’un homme, le mental d’un homme. Eroïn c’est tout à fait ça : c’est le courage et le mental d’un homme mais en étant femme. Parce que ça c’est aussi un problème pour certaines réalisatrices, c’est-à-dire que certaines ont l’impression qu’il ne faut pas mettre en avant sa féminité sur un plateau de tournage ou dans le milieu, parce qu’elles ont peur de ne pas être prises au sérieux. Certaines réalisatrices donc ne se sentent pas légitimes. C’est terrible en fait, comme quoi il y a des choses qui sont encore ancrées dans notre société.

Par exemple faire un shooting au Festival de Cannes au Majestic avec des robes de soirées et des talons, pour moi c’est ça Eroïn !

Il y a toujours des femmes qui s’empêchent d’être femme dans certains milieux professionnels parce qu’elles ont peur d’être jugées en tant que tel. Et certaines réalisatrices vont effacer leur féminité pour être considérées par des producteurs. Elles ne vont pas se pointer à un rendez-vous avec eux en jupe ou en talons parce qu’elles ont peur de ne pas être prises au sérieux ou d’être considérées comme des poupées. J’ai d’ailleurs une anecdote à ce sujet : il est arrivé que des réflexions soient faites à une réalisatrice qui s’était effectivement pouponnée, qui était venue comme ça, avec son identité, présenter son film. Une personne qui était dans la Commission, une femme en plus, n’a pas pris le projet, prétextant que son attitude ne l’avait pas rassurée quant à la production de ce film. En gros elle était peut-être trop apprêtée. Je trouve ça horrible. Salma Hayek l’avait d’ailleurs dit l’année dernière au Festival de Cannes dans le cadre des Talks Women in Motion. Elle disait que nos ennemis souvent ne sont pas les hommes, ce sont les femmes, et que c’est bien ça notre problème. On n’ira pas plus loin, on n’avancera pas plus que ça si, même les membres de notre communauté, sont contre nous.

WL : Te définis-tu comme féministe ?

Je me définis comme une féministe douce. Il y a eu des féministes extrêmes qui ont apporté cette image négative du féminisme complètement faussée. Aujourd’hui le féminisme fait peur, c’est devenu un gros mot. Pour moi c’est simplement le fait de s’affirmer en tant qu’individu dans la société et reconnaître que l’on a aussi nos droits.

Photo Audrey Clinet

© Isabelle Ratane

WL : As-tu déjà été victime de réflexions sexistes dans ce milieu encore très dominé par les hommes ? 

Oui et plusieurs fois. Un jour, sur une projection, il y a un acteur qui m’a dit : « Ah je ne savais pas que des femmes pouvaient réaliser ça ». C’est le genre de choses que l’on me dit régulièrement, plutôt les hommes d’ailleurs. Une autre fois quand j’ai organisé une levée de fonds pour le gala à l’Elysées Biarritz, mon commercial de l’époque appelait les sociétés de production pour nous aider et il y a un producteur de documentaires qui lui a répondu – je pense qu’il s’est permi de le faire car il avait un homme au téléphone – : « Mais je ne suis pas là pour sauver le cul d’actrices ». Donc déjà il associait actrices et réalisatrices, pour lui c’était la même chose, et puis forcément on en revient toujours à la sexualité, on sexualise tout. J’ai eu aussi à faire à un producteur, lors d’un entretien, qui m’a donné rendez-vous dans un bar à 19h et finalement ça s’est terminé en « date », le mec m’a invité à dîner, clairement il voulait aller au bout de la soirée alors que c’était un entretien pour un stage en production…

WL : On parlait du Festival de Cannes tout à l’heure. Cette année, sur 21 films en Compétition officielle, seuls deux sont pilotés par des femmes : Toni Erdmann de Maren Ade et Mal de pierres de Nicole Garcia. Quel regard portes-tu sur cette sélection ?

Tout d’abord je trouve qu’il manque Katel Quillévéré et aussi Emmanuelle Bercot. Je trouve quand même que, malgré tout, c’est mieux que les années précédentes, surtout dans les sélections parallèles, le ratio est beaucoup plus important, donc ça me rassure un peu. Maintenant, d’un point de vue général, c’est toujours les mêmes qui reviennent, parce que même quand je te dis Katel Quillévéré ou Emmanuelle Bercot, ce sont des habituées et c’est triste.

WL : Y-a-t-il des femmes qui t’inspirent au quotidien ?

Oui, ma mère. C’est une mère célibataire donc c’est inspirant. Toutes mes copines célibataires qui sont mères d’ailleurs m’inspirent beaucoup, parce qu’elles doivent allier leur vie de maman et leur boulot toutes seules. Moi j’adore aussi les femmes PDG comme Anne Méaux, PDG de Image Sept : elle a une maison avec beaucoup d’employés. Après Kathryn Bigelow m’inspire aussi car j’aime beaucoup les films qu’elle fait, elle sort du cadre et c’est ça que je recherche. Je trouve aussi beaucoup d’inspiration chez les femmes qui vivent dans des pays menacés, et qui vont aller jusqu’au bout quitte à se faire tuer. Les femmes aussi qui font la guerre en Syrie, les femmes militaires, j’admire énormément le courage qu’elles ont parce que déjà elles n’ont qu’une seule chose à faire dans ces pays-là c’est de se taire, et elles ne le font pas : elles vont combattre les hommes et c’est juste extraordinaire. Voilà, ce sont toutes ces femmes fortes qui m’inspirent beaucoup.

J’ai d’ailleurs envie de faire un documentaire sur des profils de femmes différents, de  la femme « warrior » à la femme du quotidien, la femme au foyer, voir comment elles se positionnent et se voient dans la société.

WL : As-tu eu des coups de coeur récents de films réalisés par des femmes ?

Moi j’adore Maïwenn, mon coup de coeur 2015 c’était Mon roi. Sinon, ce n’est pas réalisé par une femme, mais j’ai adoré le film sur l’Américaine, Joy, qui m’a donné une telle patate ! L’année dernière j’ai aussi beaucoup aimé le film Fidelio, l’odyssée d’Alice, de Lucie Borleteau, qui est une jeune réalisatrice qui nous a emmené dans un univers très intéressant que je ne connaissais pas, un univers très masculin avec une histoire d’amour plus sexuelle : c’est une femme qui finalement est un peu détachée de l’amour et qui est plutôt dans la consommation sexuelle qu’autre chose. Elle a vraiment mêlé ces deux univers qui m’ont beaucoup touchée : la sexualité assumée de la femme et le fait de travailler dans un milieu d’hommes.

WL : Toi qui a été comédienne, quelle femme aurais-tu aimé incarner à l’écran ?

Audrey Hepburn parce que ma mère m’a appelé Audrey pour elle. Je pense que c’est resté, j’ai l’impression depuis d’avoir une certaine connexion avec le cinéma.

WL : À quel moment de ta vie as-tu compris qu’être une femme ça n’allait pas être si simple ?

Dès petite, quand j’avais 12 ans, j’avais une maîtresse qui me disait que j’étais « mijorée » parce que l’on jouait aux Spice Girls dans la cour de récréation et qu »elle ne comprenait pas. Encore une fois on en revient au même : ce sont des femmes qui critiquent des femmes. J’ai commencé à me rendre compte que c’était dur d’être une fille surtout par rapport aux autres filles qui te mettent des étiquettes. J’en ai un peu souffert quand j’étais plus jeune, au moment de la pré-adolescence.

WL : As-tu des projets en dehors du milieu du cinéma ?

Non mais après j’aimerais bien essayer de faire du coaching. Puisque je me considère comme une business woman qui s’assume et qui est très proche de la mentalité américaine, j’ai envie d’apporter en France le concept de business, qui manque beaucoup dans le domaine du cinéma et des artistes en général. L’idée ce serait de travailler sur trois axes différents : la gestion de la carrière et des choix artistiques, les assumer et comment développer son réseau.

WL : Aurais-tu des conseils à donner aux jeunes femmes qui veulent réussir dans la vie ?

S’affirmer, ne pas se laisser abattre, toujours garder espoir quoi qu’il se passe, rester soi-même et s’armer de patience. Mais aussi assumer un projet jusqu’au bout, le défendre coûte que coûte, accepter le fait que ca ne va pas etre évident et que peut-être l’on ne va pas plaire à tout le monde.

WL : Pour finir, as-tu une parole/citation prononcée par une femme que tu aurais aimé dire ?

C’est Simone de Beauvoir qui disait que : « Rien n’est jamais acquis restons vigilantes ». Coco Chanel a aussi dit : « Prenez mes idées j’en aurai d’autres » parce que j’ai tendance à être copié depuis toute petite.

Propos recueillis par Got Dame Rights le 5 mai 2016 à la mi-cantine mi-boutique mi-galerie Mel, Mich & Martin.


Crédits : © Eroïn / © Isabelle Ratane

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