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Big Little Lies : Qu’a-t-on pensé de la série produite par Nicole Kidman et Reese Witherspoon ?

rédigé par Marie Ponchel 4 avril 2017 0 commentaire

Crédits photo : © HBO

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       Attention cet article contient des spoilers sur la saison 1 de Big Little Lies !

A perfect life is a perfect lie. Telle est la phrase d’accroche de cette mini-série HBO créée par David E. Kelley à partir d’un roman de Liane Moriarty. Produite entre autres par Nicole Kidman et Reese Witherspoon, les deux actrices principales du show avec Shailene Woodley, Big Little Lies déconstruit, au fil de sept épisodes, le mythe de la mère de famille excellant dans tous les domaines.

Very Desesperate Housewives

À l’instar de la série à la pomme rouge poison, Big Little Lies plante son décor dans une ville américaine huppée où tout le monde semble se connaître, a un avis sur chacun de ses voisins sans même leur avoir dit mots. Les allées interminables de sa consoeur se transforment ici en maisons avec vues sur mer. Le Québécois Jean-Marc Vallée (Dallas Buyers Club) pose en effet sa caméra face aux vagues, au coeur de la bourgade proprette Californienne d’Otter Bay. Mais sous ses apparences calmes, la mer recèle bien des remous, tout comme les vies tous sauf parfaites de celles qui la contemplent.

Tu n’es pas parfaite. Bienvenue au club. On est toutes paumées. (Jane à Madeline)


Noeufs familiaux à gogo

© HBO

Tripoté d’enfants, nés d’une première ou d’une seconde union, conjoints pantouflards, absents ou même violents.. Madeline (Reese Witherspoon), Celeste (Nicole Kidman) et Jane (Shailene Woodley) font de leur mieux pour gérer les conflits, à l’école comme à la maison, qui mettent à mal leur désir de perfection. Dans le dernier épisode, Madeline dit-même à sa fille : « Par moments je m’accroche à l’idée de la perfection de toutes mes forces mais ce n’est pas tenable« .

Et c’est justement en ça finalement, dans ce lâcher-prise, cette perte de tout contrôle, que la série gagne des points. Ces femmes que l’on croyait quasi robotisée tellement tout laissait à penser qu’aucun jouet ne traînait dans leur salon ou qu’aucun trait d’eye-liner ne débordait de leurs paupières, acceptent alors la vulnérabilité, le caillou dans le talon haut.

La femme, la mère, l’épouse

Par le prisme de la femme plurielle, des fléaus de nos sociétés ccomme le harcèlement scolaire, le viol ou encore les violences conjugales sont ici abordés frontalement et en profondeur, quelque soit leurs issues. Le spectateur fait ainsi face aux sentiments encore profonds d’une femme (Nicole Kidman) fermant les yeux devant les coups de son mari et à une mère victime d’un viol (Shailene Woodley) protégeant coûte que coûte son enfant accusé à tort. Même le personnage de Madeline (Reese Witherspoon), une mère de famille qui voit sa fille quitter le nid familial et regrette d’avoir cédé à ses pulsions sexuelles, questionne les multiples identités de la femme, la mère, l’épouse.

Ces thématiques peu exploitées jusqu’ici dans le format série, couplées à de vraies performances d’actrices (Nicole Kidman est éblouissante, les jeunes acteurs sont épatants), une bande originale envoûtante et un montage bien pensé font de Big Little Lies une série inratable en ce début d’année (et une nouvelle pépite signée HBO).

Crédits photos : © HBO / Big Little Lies

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